jll.spear x GPMB : inspection sous-marine par drone d’un appontement en eau turbide

Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a confié à Drones Solutions, filiale du groupe jll.spear, l’inspection sous-marine d’un gabion d’appontement fluvial à Pauillac, sur l’estuaire de la Gironde. Dans une eau chargée de sédiments où la visibilité est quasi nulle, l’intervention s’est appuyée sur un drone sous-marin équipé d’un sonar d’imagerie acoustique multifaisceaux pour contrôler l’état du gabion et de ses palplanches, sans exposer de plongeur.

Inspecter un ouvrage portuaire immergé quand la caméra ne voit plus rien.

Les équipes du GPMB avaient constaté un déplacement de l’appontement de Pauillac, un gabion en béton ceinturé de palplanches. Il fallait comprendre l’origine de ce mouvement : défaut structurel du gabion, désordre sur les palplanches ou leurs fixations, ou phénomène plus global.

Les premiers essais avec la caméra HD embarquée l’ont confirmé : dans les eaux de la Garonne, la visibilité était inférieure à 1 mm. Drones Solutions a donc mené l’ensemble de l’inspection sous-marine au sonar multifaisceaux Oculus, monté sur un drone sous-marin ROV Seasam de Delair. Quatre séquences d’acquisition ont été réalisées entre 3 et près de 10 mètres de profondeur, au plus près des parois et de la zone de contact avec le fond.

Sommaire

1 | Inspection d’un appontement en eau turbide

2 | Le sonar multifaisceaux, une échographie sous l’eau

3 | Méthodologie et résultats de l’inspection

4 | Présentation des entreprises

Télépilotes Drones Solutions préparant le drone sous-marin pour l’inspection d’un appontement du Grand Port Maritime de Bordeaux
Mise à l’eau du ROV Seasam équipé d’un sonar multifaisceaux dans les eaux turbides de la Garonne

Le sonar multifaisceaux, une échographie des ouvrages immergés.

Contrairement à une caméra, le sonar d’imagerie acoustique multifaisceaux Oculus, développé par Blueprint Subsea, n’a pas besoin de lumière. Il émet des ondes acoustiques à haute fréquence et analyse leurs échos pour reconstruire en temps réel une image en deux dimensions des structures et du fond. Le principe est celui de l’échographie médicale ou de l’écholocalisation des chauves-souris : il permet de « voir » une paroi, une palplanche ou un enrochement même lorsque l’eau est noire ou chargée de vase.

Embarqué sur le ROV Seasam, un drone sous-marin compact doté d’une assistance au pilotage (maintien de cap, asservissement de distance à la paroi, stationnaire automatique), le sonar balaye les parois à une distance de 2 à 5 mètres.

Le drone combine deux instruments complémentaires : une caméra HD avec éclairage LED pour caractériser finement les dégradations lorsque l’eau est claire, et le sonar acoustique, qui prend entièrement le relais en eau turbide pour détecter et localiser cavités, discontinuités et anomalies de structure. En eau claire, c’est au contraire la vidéo HD qui fait le travail, comme lors de notre inspection d’une plateforme lacustre pour Vermilion Energy. Avec 1 h 30 d’autonomie en standard et des batteries interchangeables en surface, plusieurs plongées s’enchaînent sur une même journée.

Méthodologie en 4 phases et résultats de l’inspection.

1. Préparation. Visite préalable du site avec l’ensemble des intervenants, revue et signature du plan de prévention, analyse des risques.

2. Calibration sur site. Mise en route du drone et des moyens de transmission, mise à l’eau, tests de mesure et vérification de la capacité du drone à se déplacer face au courant de l’estuaire.

3. Prospection acoustique large champ. Balayage systématique des parois du gabion et des palplanches à plusieurs profondeurs (3,4 m, 5,4 m, 7,1 m et jusqu’à 9,4 m), jusqu’à la zone d’interaction avec le fond où le sonar met en évidence enrochements et vase.

4. Post-traitement et restitution. Croisement des logs de navigation et des flux sonar, puis rédaction de fiches d’observation horodatées, chacune associée à une profondeur et à un niveau de criticité.

Résultat : aucun désordre n’a été relevé, ni sur la structure du gabion, ni sur les palplanches et leurs fixations. Le déplacement observé par les équipes du GPMB semble donc provenir d’un affaissement global de l’ensemble plutôt que d’un défaut structurel, une conclusion qui oriente directement la suite des investigations.

Questions fréquentes sur l’inspection sous-marine par drone.

Qu’est-ce qu’une inspection sous-marine par drone ?

C’est le contrôle d’un ouvrage immergé à l’aide d’un drone sous-marin téléopéré (ROV) équipé de capteurs : caméra HD, éclairage et sonar. Le télépilote reste en surface, ce qui limite l’exposition des plongeurs.

Comment inspecter un ouvrage immergé en eau trouble ?

Lorsque la caméra ne voit plus rien, comme dans la Garonne, un sonar d’imagerie acoustique multifaisceaux prend le relais. Il reconstitue une image de la structure à partir des échos sonores, à la manière d’une échographie.

Quels ouvrages peut-on inspecter par drone sous-marin ?

Quais, appontements, bassins portuaires, piles et pilônes, palplanches, gabions, barrages ou prises d’eau : toute infrastructure immergée accessible au drone.

Que contient le rapport d’inspection ?

Des fiches d’observation horodatées, avec profondeur, niveau de criticité et commentaire, accompagnées des enregistrements sonar et d’une conclusion sur l’état de l’ouvrage.

Découvrir nos services d’inspection sous-marine par drone

Quais, bassins, piles, palplanches, barrages : Drones Solutions réalise l’inspection sous-marine de vos ouvrages immergés par drone sous-marin et sonar multifaisceaux, y compris en eau turbide. Nous avons notamment réalisé ce type d’inspection pour le Grand Port Maritime de Bordeaux et pour Vermilion Energy.

À propos des entreprises.

Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) est l’établissement public qui gère le port de Bordeaux. Ses terminaux s’échelonnent le long de la Garonne et de l’estuaire de la Gironde, du Verdon jusqu’à Bordeaux, dont celui de Pauillac. Ses infrastructures (quais, appontements, ducs-d’Albe, écluses) évoluent dans un estuaire très chargé en sédiments, ce qui en fait un terrain exigeant pour l’inspection des ouvrages immergés.

jll.spear, société bordelaise de 45 salariés, propose à travers sa filiale Drones Solutions des interventions complexes dans des environnements industriels sensibles. Elle complète ces missions par des traitements algorithmiques de la donnée pour optimiser sa visualisation et obtenir des outils d’aide à la décision précis et complexes.

Delair est un constructeur français de drones et de solutions de collecte de données. Sa division Delair Marine conçoit des drones sous-marins, dont le ROV Seasam, compact et manœuvrable, pensé pour l’inspection d’ouvrages, de coques et d’infrastructures immergées. Pour cette mission, il était équipé du sonar d’imagerie acoustique Oculus de Blueprint Subsea.

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